Du suicide par immersion prolongée totale

Communément appelé noyade. C’est un très vieux procédé, et qui fut en grande faveur dans l'Antiquité. La belle poétesse Sapho l'employa avec succès pour se guérir de l'amour d'un pâtre. Il consiste à se projeter dans une masse liquide de dimensions suffisantes pour s'y trouver entièrement immergé. Le choix de ces masses liquides dépendra de la personnalité du candidat. D'une manière générale, les âmes d'élite choisiront des rivières au noble passé comme le Tibre ou l'Arno, plutôt que la Seine aux fréquentations douteuses, ou la Loire, réservée aux traditions terroristes. On aura aussi à porter son choix sur l'immersion avec ou sans pierre au cou. L'immersion sans pierre au cou est infiniment plus dangereuse, car on est emporté par le courant, et la tâche des sauveteurs devient très difficile. La pierre au cou, au contraire, indispensable d'ailleurs aux personnes affligées d'un rein flottant, tient le suicidé à la place où il a plongé, et lui permet d'être repêché beaucoup plus promptement.


       
J.Bruller
, in 21 recettes pratiques de mort violente