Du suicide par empalement

Suicide d'une simplicité remarquable. Il suffira de s'asseoir sur l'extrémité d'un pieu taillé en pointe, et d'y attendre les événements. Ce genre de mort convient absolument aux personnes très paresseuses, car elles n'agissent guère en cette occasion que par leur poids ("saura mon col que mon cul poise" écrivait déjà François Villon), et aux philosophes, dont aucun élément extérieur, étant donné l'essence même de ce suicide, ne viendra troubler les réflexions. Il est étonnant que le pal, s'il est couramment employé en tant qu'appareil judiciaire, n'ait eu, jusqu'à présent, que peu de succès comme instrument de mort volontaire. La raison en est sans doute qu'il n'est sur terre ni vrai paresseux ni vrai philosophe. Et c'est une pensée consolante.


       
J.Bruller
, in 21 recettes pratiques de mort violente