Raymond Queneau

1903-1976 / Français

"Ceci dit, le matin, dans le taxi, en revenant de la Bastille, je ne puis résister. Je l'embrasse et la caresse, bande et finis par atteindre le spasme, mais je retiens mon sperme presque entièrement pour ne pas me mouiller. Cet effort d'ailleurs m'épuise pour le reste de la journée. Que puis-je contre ses petits seins, sa cuisse lorsque ma main remonte le long du bas, puis de la jarretelle sur sa nudité jusqu'aux poils discrets de son mont de Vénus (joli). Elle m'excite terriblement. Et le soir, après un gin-fizz qui nous "libère", de nouveau je la caresse passionnément. Je mords la pointe de son sein nu, ma main monte sous sa robe et je commence à la branler lorsque - il faut nous séparer. La rue n'est pas à nous. Tant pis - ou plutôt tant mieux, si c'est tout le plaisir que je puis "prendre"... qu'elle veuille "m'accorder".
Philosophiquement : c'est toujours ça.

Et hier j'ai eu la satisfaction de constater que je pouvais encore bien bander."

R. Queneau in Journaux, 1946


Chanson grave
L'arbre qui pense
Mort comme une soupière
L'excursion espagnole
Le début et la fin
Les petites pattes